Une moto de collection, ce n’est pas qu’un plaisir de collectionneur. Certains modèles prennent de la valeur année après année, parfois plus vite qu’un placement classique. Voici cinq motos dont la cote grimpe en 2026, avec les chiffres pour vous faire une idée.
Pourquoi les motos de collection montent
Le marché des youngtimers explose. Les motos des années 80 et 90 attirent une génération qui a aujourd’hui 40-55 ans et les moyens de s’offrir la moto de ses rêves d’adolescent. Résultat : des modèles qui valaient 3000 euros il y a cinq ans en valent aujourd’hui 8000 ou 10 000.
L’offre est limitée par nature. Les motos ont été produites en série, mais beaucoup ont été accidentées, mal stockées ou modifiées n’importe comment. Un modèle d’origine, bien entretenu, avec son carnet d’entretien et ses pièces d’époque, devient rare. Et sur le marché de la collection, c’est la rareté qui fait le prix.
Honda VFR 400 NC30 (1989-1992)
La petite Honda qui monte. Ce 400 cm³ V4 distribué au Japon et au Royaume-Uni dans les années 90 est un bijou d’ingénierie : distribution par cascade de pignons, bras oscillant Pro-Arm, ligne d’échappement qui chante à 14 000 tours. Il y a cinq ans, un NC30 propre se trouvait à 3500 euros. Aujourd’hui, les beaux modèles partent entre 7000 et 9000 euros. Les versions Type R (Rothmans) dépassent les 12 000.
Pourquoi ça monte : la génération qui rêvait de cette moto en poster a aujourd’hui 45 ans et un compte épargne. Et la NC30 est rare en bon état : beaucoup ont été transformées en motos de piste.
Yamaha XTZ 600 Ténéré (1983-1991)
La Ténéré est un mythe. Ce gros mono de 600 cm³ a gagné le Dakar et fait rêver toute une génération de baroudeurs. En 2026, un beau modèle d’origine avec sa bulle haute et son réservoir de 30 litres se vend entre 6000 et 9000 euros. Les premières séries (1983-1985, moteur 34L) sont les plus recherchées.
Les experts de Catawiki estiment une hausse potentielle de 146 % sur dix ans pour ce modèle. C’est énorme, même en tenant compte de l’inflation. La raison : les trails vintage sont redevenus tendance et la Ténéré est l’icône absolue du genre.
Kawasaki ZXR 750 (1989-1995)
La ZXR 750, c’est la moto qui a fait rêver les ados devant les courses de Superbike. Son look agressif, son bras oscillant banane et son 4 cylindres rageur en font l’une des sportives japonaises les plus désirables des années 90. En cinq ans, la cote est passée de 3000 à 7000 euros pour un beau modèle. Les versions ZXR 750 R (Kit) sont quasi introuvables et dépassent 15 000 euros.
Le point de vigilance : la fiabilité du système de refroidissement. Les durites vieillissent mal. Vérifiez qu’elles ont été changées. Et fuyez les modèles qui ont servi à faire des runs sur circuit, reconnaissables à leur carénage rafistolé.
Ducati 916 (1994-1998)
On ne présente plus la 916. Dessinée par Massimo Tamburini, elle est au motocyclisme ce que la Ferrari F40 est à l’automobile. Les modèles de première génération (1994-1995, cadre non modifié) sont les plus recherchés. Un 916 Strada bien suivi se négocie entre 12 000 et 18 000 euros. Une SPS (Sport Production Special) peut dépasser 40 000 euros.
L’italienne demande de l’entretien. Distribution par courroies à changer tous les deux ans quoi qu’il arrive. Une facture de 800 à 1200 euros chez un spécialiste. Mais la cote ne fait que grimper, et une 916 bien entretenue ne perdra pas d’argent.
BMW R 80 G/S (1980-1987)
La première BMW GS de l’histoire. Ce flat-twin de 800 cm³ a inventé le trail routier haut de gamme. Les modèles bien conservés avec leur équipement d’origine (sacoches, bulle, protection moteur) se vendent entre 8000 et 14 000 euros en 2026. Les versions Paris-Dakar, avec leur gros réservoir de 32 litres, sont les plus chères.
La R 80 G/S est recherchée parce que c’est une moto utilisable. Confortable, fiable, facile à entretenir soi-même. Elle ne dort pas dans un garage, elle roule. Et paradoxalement, c’est ça qui fait sa valeur : les collectionneurs veulent des motos qui ont vécu, pas des musées sur roues.
Comment bien choisir sa moto de collection
Trois règles simples. Premièrement, achetez le modèle le plus original possible. Une moto modifiée perd facilement 30 à 40 % de sa valeur par rapport à un modèle d’origine. Les pièces rapportées, les peintures refaites, les échappements non conformes : tout ça plombe la cote.
Deuxièmement, vérifiez la disponibilité des pièces. Une moto rare dont on ne trouve plus les joints moteur ou les segments de piston devient une sculpture. Pas un investissement. Les japonaises des années 90 sont encore bien fournies en pièces. Les italiennes de la même époque, beaucoup moins.
Troisièmement, gardez-la roulante. Une moto qui dort dix ans sans tourner développe des problèmes que vous découvrirez à la première tentative de démarrage : joints secs, durites poreuses, carburateurs gommés. Roulez au moins une fois par mois.
Notre avis
Acheter une moto de collection pour le seul investissement est un mauvais calcul. L’entretien, l’assurance et le stockage mangent une bonne partie de la plus-value. Mais si vous aimez la mécanique, si vous prenez plaisir à rouler avec une machine qui a une histoire, alors les cinq modèles ci-dessus sont de très bons choix. Ils prennent de la valeur, ils sont fiables, et ils donnent le sourire à chaque sortie.
