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Actualités : le marché moto français en pleine mutation

Moto moderne garée dans une rue française au crépuscule

Le marché français du deux-roues a terminé l’année 2025 sur une nouvelle baisse, la deuxième consécutive. Les chiffres publiés par l’observatoire Solly Azar et AAA Data dessinent un secteur en pleine mutation, où le neuf s’effondre pendant que l’occasion résiste. Voici ce qu’il faut retenir.

Le contraste est net avec l’après-Covid, où le marché frôlait les 200 000 immatriculations neuves et où les constructeurs peinaient à suivre la demande. Deux ans plus tard, la dynamique s’est inversée, sur fond de pouvoir d’achat tendu et d’instabilité politique.

Le neuf dévisse, l’occasion tient bon

Le marché du neuf recule de 19 % en 2025, à 227 031 deux et trois roues motorisés immatriculés contre 280 478 en 2024. Une chute brutale, qui succède à une baisse déjà marquée de 9 % en 2024.

L’occasion s’en sort nettement mieux : 763 369 immatriculations, soit un repli limité à 3 % par rapport aux 788 236 de 2024. La seconde main représente désormais 77 % des volumes. À l’usage, une moto peu kilométrique de deux ou trois ans offre un rapport prix kilométrage imbattable, surtout quand elle est encore couverte par une garantie constructeur. Certaines marques proposent désormais jusqu’à six ans de garantie, ce qui revalorise mécaniquement la seconde main en concession.

Un effet Euro 5+ qui fausse la comparaison

Ce chiffre du neuf mérite une lecture prudente. Fin 2024, les constructeurs ont massivement immatriculé leurs stocks de modèles Euro 5 avant l’entrée en vigueur de la norme Euro 5+ au 1er janvier 2025. Environ 10 000 immatriculations supplémentaires sont venues gonfler les chiffres de 2024 et creuser mécaniquement l’écart avec 2025. Sans cet effet de calendrier, la baisse serait moins spectaculaire.

À cela s’ajoute le contrôle technique moto, entré dans les habitudes : toute évolution réglementaire a tendance à freiner, au moins temporairement, les intentions d’achat.

L’électrique ne décolle toujours pas

Malgré les efforts des marques, l’électrique reste confidentiel. Sur l’ensemble du marché, 36 332 deux-roues électriques ont été immatriculés en 2025, en baisse de 7 %.

Le détail est plus sévère encore : motos et scooters électriques hors cyclomoteurs chutent de 32,8 %, à 6 123 unités, tandis que les scooters électriques dégringolent de 46,9 %. Le segment souffre d’un prix d’achat élevé et d’une offre de recharge encore inégale. Pour faire le point sur les modèles disponibles, notre sélection des motos électriques à surveiller mérite un détour.

Cyclos en chute libre, grosses cylindrées plus résistantes

Les cyclomoteurs poursuivent leur déclin : 211 454 immatriculations en 2025, en baisse de 17 %. La fin de la production des modèles thermiques et la concurrence des vélos électriques expliquent ce repli durable.

Les scooters thermiques ne sont pas épargnés non plus : 44 216 immatriculations, en recul de 12,5 % sur un an.

Dans les cylindrées supérieures, le tableau est contrasté. Les 500 à 749 cm³ limitent la casse avec un repli de seulement 5 %, et les 750 à 999 cm³ baissent de 11,6 %. Les plus de 1 000 cm³ reculent de 14,1 %. En bas de gamme, les 125 à 249 cm³ s’effondrent à -50,8 %, un segment en voie de disparition.

Qui s’en sort le mieux ?

Au rayon des modèles, la BMW R 1300 GS reste la moto la plus immatriculée de l’année avec 3 681 unités, en repli de 20,4 % sur un an. Les trails routiers et les grosses cylindrées continuent de dominer les ventes, pendant que les petites cylindrées urbaines subissent la concurrence des alternatives électriques et des transports en commun.

Ce que ça dit du marché

Derrière les chiffres, le nombre de pratiquants ne baisse pas : les candidats au permis moto restent nombreux. Ce qui recule, c’est la capacité et l’envie d’acheter du neuf, dans un contexte de pouvoir d’achat tendu et d’instabilité politique.

Le marché se recompose autour de l’occasion, plus abordable, et des garanties longues proposées par certains constructeurs. La moto continue de séduire, mais elle se transmet désormais plus qu’elle ne se vend neuve. Reste à savoir si 2026 inversera la tendance : les prochains salons et les nouveautés de la fin d’année donneront une première indication, sans qu’aucun rebond rapide du neuf ne se profile pour l’instant.

Pour les acheteurs, ce repli du neuf a un effet concret : les concessions poussent davantage l’occasion certifiée et les offres de financement. C’est souvent là que se trouvent les meilleures affaires du moment, à condition de vérifier soigneusement l’historique d’entretien de la machine.

Les indicateurs à suivre en 2026 seront le niveau des immatriculations au printemps, la saison forte du secteur, et la réaction du public aux premières nouveautés électriques accessibles. Si la passion ne s’éteint pas, le marché, lui, devra trouver un nouveau souffle.