Sport

Rallye touristique en Corse : le guide pour participer avec votre ancienne

Voiture de collection rouge sur une route de montagne corse au coucher du soleil

Posséder une voiture de collection, c’est bien. La faire rouler sur les routes qui ont fait la légende du Tour de Corse, c’est autre chose. Depuis quelques années, les rallyes touristiques se multiplient sur l’île de Beauté. Ils permettent aux propriétaires d’anciennes de mêler plaisir de conduite, paysages grandioses et convivialité, sans la pression de la compétition. Voici comment participer et à quoi vous attendre.

Corsicatour : le rallye tout compris pour GT et Classic

Organisé par Corse GT Classic, le Corsicatour propose deux éditions par an : une au printemps (du 31 mai au 6 juin 2026) et une à l’automne (du 27 septembre au 3 octobre 2026). Le concept est simple : 7 jours pour faire le tour complet de la Corse, de Bastia à Bonifacio, en passant par le Cap Corse, la Balagne, les calanques de Piana et l’Alta Rocca.

Le format est conçu pour les amateurs de belles mécaniques. Le rallye est ouvert aux GT comme aux véhicules de collection. Le nombre d’équipages est limité à 25, ce qui garantit une ambiance intimiste et évite les convois interminables. L’organisation est entièrement prise en charge : traversée en ferry depuis Toulon ou Marseille (cabine privative), hôtels 3 ou 4 étoiles, repas et visites guidées. Comptez environ 3 500 à 5 000 euros par équipage, selon la catégorie d’hébergement choisie.

Le parcours emprunte délibérément des routes secondaires peu fréquentées. Les étapes journalières oscillent entre 120 et 180 kilomètres, un rythme qui laisse le temps de s’arrêter dans les villages, de goûter la charcuterie locale et de profiter des points de vue. L’organisation, pilotée par une équipe insulaire, connaît les routes comme sa poche.

Tour de Corse Historique : quand la compétition s’invite

Pour ceux qui veulent un peu plus d’adrénaline, le Tour de Corse Historique est l’événement de référence. La 26e édition se tiendra du 3 au 11 octobre 2026 au départ de Porto-Vecchio. Cette année, deux noms font saliver les passionnés : Didier Auriol, champion du monde des rallyes 1994, et Yoann Bonato, multiple champion de France, seront tous les deux au volant de Lancia Delta Integrale.

Le format est plus exigeant que le Corsicatour : il s’agit d’un rallye de régularité sportive (VHRS) avec quatre moyennes au choix (Haute, Intermédiaire, Modérée ou Basse). Les véhicules éligibles vont jusqu’au 31 décembre 1996, ce qui inclut une large palette : des Alpine A110 aux Porsche 911 en passant par les Ford Escort et les Peugeot 205 GTI. Les épreuves spéciales empruntent certains tracés mythiques du Tour de Corse WRC, comme Bocca di Pelza.

L’inscription au Tour de Corse Historique tourne autour de 3 000 à 4 500 euros, selon la catégorie et les options choisies. Le dossier est à préparer plusieurs mois à l’avance : le nombre de places est limité et la sélection se fait sur dossier.

Quelle voiture pour quel rallye ?

Le Corsicatour est plus souple : toute GT ou voiture de collection est acceptée, sans limite d’âge stricte. Une Porsche 997 sera tout aussi bienvenue qu’une Alfa Romeo Giulia des années 60. Le seul impératif, c’est que la voiture tienne la route sur des parcours sinueux et parfois techniques. Les freins et les pneus doivent être en parfait état. Une révision complète avant le départ n’est pas une option.

Pour le Tour de Corse Historique, le règlement impose des véhicules d’avant 1997. Les organisateurs exigent un passeport technique FIA ou FFSA. Si votre auto n’en a pas, prévoyez 4 à 6 semaines pour l’obtenir auprès de la fédération française. Un arceau de sécurité et des harnais sont obligatoires. Le budget préparation peut grimper vite, surtout si la voiture dort au garage depuis plusieurs années.

Ce qu’il faut savoir avant de s’inscrire

D’abord, ces rallyes n’ont rien d’une balade du dimanche. Les journées sont longues : départ vers 8h, arrivée à l’étape vers 17h, parfois plus tard si le roadbook était piégeux. La fatigue s’accumule, surtout pour le copilote qui passe la journée à lire des notes sur des routes étroites.

Ensuite, le budget ne s’arrête pas au prix d’inscription. Carburant, péages jusqu’au port d’embarquement, assurance spécifique (vérifiez que votre contrat couvre les rallyes touristiques), éventuelles réparations : ajoutez 800 à 1 500 euros à votre enveloppe. Les pneus s’usent vite sur le revêtement corse, souvent abrasif.

Enfin, préparez-vous à rencontrer du monde. L’ambiance dans ces rallyes est l’un de leurs principaux atouts. Le soir, tout le monde dîne ensemble. Les récits de la journée se croisent, les conseils mécaniques s’échangent. C’est un mélange de passion automobile et d’art de vivre corse qui rend l’expérience franchement addictive.